L’épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions (F. Mauriac)
Dimanche soir, Christophe et Fred ont ressenti la plus amère des déceptions. Ils n’ont pas pu franchir la montagne de difficultés qui s’érigeait devant eux. L’endroit où ils se trouvent, c’est-à-dire à quelques 25 km de la frontière indo-tibétaine, est un point ô combien stratégique. D’un côté l’armée indienne, tangible, et de l’autre l’armée chinoise qu’on imagine. Les militaires grouillent partout. Y en a des centaines, y en a des milliers. Y a des kilomètres de militaires. Ils sont sur les dents, prêts à intervenir et à bondir aux moindres faits et gestes. Il est tout bonnement impossible de passer, qui plus est à pied, avec un sac sur le dos, la trouille au ventre, la fatigue accumulée par des nuits d’insomnie causée par l’inconfort et l’inquiétude, la force physique qui s’amenuise peu à peu et l’altitude ; de 3.000 mètres, il faut encore grimper jusqu’à 5.000. Ils ont tenté, mais en vain... Le Tibet est inaccessible. Ses frontières sont infranchissables. Le Tibet est loin, très loin d’être libre...
Le désarroi est grand, la peine immense, le désappointement cruel. La première pensée va à tous ceux et à toutes celles qui ont apporté leur soutien.
R.