Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Chant du Tibet

Petit âne au Xinjiang

8 Août 2009, 17:06pm

Publié par Chris

Sur des distances impressionnantes, deux haies de feuillus bordent la route qui file droite devant elle.
Rien ne l'arrête. Sur la langue de goudron qui s'étire à l'infini, vers Kasghar, des centaines de petites charettes tirées par des petits ânes noirs et gris convoient des cargaisons de bois ou de moutons vers leur dernière destination.

Souvent, des familles entières assises, imperturbables, sur le plateau en bois de la charette, se déplacent sur des distances considérables. De vieux barbus coiffés d'un chapeau haut de forme et vêtus d'une veste sombre, le visage creux, assènent des coups de baguette appuyés à la bête qui n'a d'autre choix que de presser le pas pour tenter de calmer l'impatience du conducteur dont les pieds se balancent en rythme au gré des secousses de la route.

Être âne au Xinjiang est un mauvais karma.

Appréhender l'existence à la vitesse d'un animal lui donne une autre perspective, de l'épaisseur, de la densité.
Ne posséder qu'une charette et un âne pour seul moyen de locomotion transforme la vie radicalement. Pas question de vitesse, de précipitation ou d'empressement. Ce serait en vain. On pourrait penser qu'une certaine frustration habite ceux qui possèdent peu.

Pourtant, lorsque je m'arrête demander la permission de photographier un attelage, l'objectif, c'est avec fierté que les Ouïghours le fixe. 

Famille Ouïghour sur la route de Kasghar

Commenter cet article