Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Chant du Tibet

Sur la route d'Ali

23 Juillet 2009, 12:34pm

Publié par Chris

Yenchen.  Point de départ de la route G 219, la route du Tibet. Comme d'habitude, on ne peux glaner que de rares informations sur cet itinéraire. Seule certitude : c'est une piste redoutable et qui plus est militaire. La piste traverse une zone sensible de l'Himalaya, une restricted area comme on dit sur place : l'Aksaï Chin, territoire de montagnes acérées et enchevêtrées contestée par l'Inde et administré par la Chine.

Mon projet est ambitieux : traverser la zone, atteindre le Mont Kailash et terminer à Lhassa. 2800 km de piste convulsée composée de dénivellés démentiels.
Pas un mètre de plat jusqu'à Ali, la prochaine ville située à plus de 1 000 km ! Aucune certitude sur les conditions d'accès de la région. Le brouillard total.

Un petit matin je m'engage pourtant. Je veux voir. Je veux essayer. La montagne m'acceptera-t-elle ?

Mon élan ne tient qu'à un fil que je sens cèder car je me suis épuisé dans les traversées du Tarim et du Taklamakan. Le vent me convie pourtant à pénétrer la montagne. Des minis-tornades naissent un peu partout autour de moi à travers l'immensité poussièreuse. Spectacle grandiose, visions irréelles de science-fiction.

Km 93. Brutalement, l'asphalte s'effaçe. Une piste cabossée et caillouteuse roule sous mes pneus et mes injures. Ma moyenne jusque là honorable chute et passe à un chiffre. Moment difficile pour le moral. Je m'arrête dans la gargote d'un village perdu. Sept jeunes jouent aux cartes sur un lit. Ils pourraient être de partout : Tadjikistan, Kirghizstan, Pakistan, Russie... L'Asie centrale masque les différences. Le jeu les tient. Ils ont joué 1 Yuan. Un téléphone portable posé dans un coin du lit joue un air populaire que les autres reprennent en choeur. Assis sur un banc bancal, les traits tirés, j'appris qu'un seul mot suffit à décrire ce que je fais : Ali. 

Je repris la route. L'Aksaï Chin est un noeud de montagne que je ne suis pas sûr de défaire. La journée s'étire dans la mauvaise pente et le froid de l'altitude. Marre de pédaler, assez de converser avec ma roue avant.
  
Une ferme égarée dans la montagne attire mon attention ur ma gauche. Un homme et une petite fille profitent des derniers rayons du soleil de la journée.

Il est temps pour moi de quêter un endroit où dormir.

 




























Commenter cet article