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Le Chant du Tibet

AU coeur des dunes

2 Juillet 2009, 08:40am

Publié par Chris

Le soleil peine à percer la couche épaisse de l'atmosphère. Sur les bords du bassin du Tarim, l'astre peine à atteindre le sol de ses rayons. Le ciel est incolore et confère aux paysages des teintes peu contrastées. Je m'apprête à traverser mon premier désert : le Taklamakan, 430 km de sable dans sa largeur. L'impatience à gagner cet univers si particulier cachait mal l'appréhension toute légitime qui anime le voyageur au moment de faire face à une situation nouvelle.
Dès les premiers kilomètres, je comprends que l'expérience va laisser des traces tant les jours qui m'attendent semblent gonflés d'intensité.
Sur mon porte-bagages, 4 jours de nourriture et 5 litres d'eau.


Peuplier de l'Euphrate, désert du Taklamakan


Dunes de sable blanc

Quiconque traverse un désert mû par sa propre énergie laisse un peu de son âme se mêler aux fines particules de silice pour longtemps. J'ai énormément de mal à repartir d'une séance photo. Je voudrais m'asseoir, regarder, écouter le silence et laisser la plénitude me gagner. Mais 5 litres d'eau pour traverser le Taklamakan, c'est bien peu et ne permet aucune entorse à mes journées d'avancée bien calibrées : 150 km/jour.
Le désert m'avale et le vent me pousse. Agréable sensation de se sentir désirer par la nature.


Vision pure et solitaire au bivouac

 

Une fois le bivouac installé, je suis parti pieds nus sentir la caresse du sable chaud. Je me sentais bien. L'horizon me happait. Comme il aurait été facile de partir droit devant soi, en allant de crêtes sablonneuses en crêtes sablonneuses, surfer sur le fil du sable jusqu'à s'égarer et ne jamais pouvoir revenir en arrière. Cette pensée m'effleura un instant. Puis la raison reprit le dessus ; ma tente et mon vélo m'attendaient.


Rare instant de repos au coeur du désert

Mes réserves en eau sont calculées au plus près. Je ne cède à une pause boisson qu'en cas de besoin important et reporte l'échéance le plus tard possible. Heureusement, les températures n'excèdent pas 25° en cet fin Mars, bien loin des 50° affichés en été. Je réussis même à faire des rencontres, certes rares mais extravagantes : un jeune chinois sur un vélo de ville chargé d'une énorme caisse en métal et un troupeau de chameau de Bactriane.

  


Jeune chinois vêtu d'une tenue militaire se déplacant sur un vélo de ville arnaché d'une caisse métallique destinée à transporter ses affaires personnelles. Son premier réflexe lors de notre rencontre fût de m'offrir une cigarette.

Cette rencontre me confirma qu'en matière de voyage il n'existe pas de règles fixes, que les certitudes n'existent pas ou s'effondrent aussitôt. Ce qui existe et ce auquel je crois profondement, c'est l'envie de réaliser les choses et de s'y employer corps et âme.
 

 

 

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