Lundi 12 octobre 2009

Avant de quitter pour de bon le territoire chinois et clôturer le projet "Les Chemins de la Liberté" , j'ai souhaité vivre une dernière fois avec la nature, seul, dans le silence absolu. Une façon de saluer les régions incroyables qu'il m'a été donné de visiter et que je n'oublierai pas, quoi qu'il arrive.

Le hasard d'une randonnée m'a emmené sur une piste sauvage, un trait d'union entre Kashgar et le Kirghizstan.
Le décor était parfait. La tempéraure de l'air idéale. Pas un souffle de vent. Le silence absolu s'était posé sur la plaine couleur pastel. Pour une fois, je pris le temps de m'installer, de choisir avec soin l'endroit où j'allais passer la nuit, d'orienter correctement l'entrée de ma tente c'est-à-dire la tête à l'est afin de recevoir les premières lueurs du jour et conserver les heures suivantes l'énergie et la lumière reçues dès l'aube. 

Je voulais connaitre encore une fois l'expérience de la solitude choisie. 

Je fus comblé. Jamais avant cette journée, je n'avais perçu tant de signes de vie autour de moi alors que tout semblait  mort, inerte et dénué d'existence. Dans cet univers d'une nudité extrême, je m'émerveillai de la moindre manifestation du vivant. J'ai ainsi passé un bon quart d'heure en compagnie d'un lézard des sables, puis un autre à examiner une plante que je n'avais encore jamais vue jusque là. Ma curiosité et mon attention étaient à son paroxysme. Puis je m'assis au sommet d'une dune de sable durci et  contemplai le ballet des couleurs s'orchestrer sur la plaine. Un soleil blanc illumina l'horizon de son éclat tamisé par l'épaisseur d'un halo de poussière desable en suspension. 

Pas un son ne vint exploser le fil du silence.
Pas un bruissement d'air.
Pas le moindre écho même lointain de la présence de l'homme.
Un pur moment de grâce qui s'étira jusqu'au lendemain matin.

J'emmagasinai là de quoi tenir jusqu'au prochain départ,
... si la vie m'offre encore une autre chance...    


Escapade cycliste dans le nord Xinjiang


Dernier bivouac dans un décor d'une beauté silencieuse et dramatique





Piste en direction du Kirghizstan


Crépuscule naissant dans la blancheur de l'horizon

 

 

Par Chris - Publié dans : Octobre 2009
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Lundi 12 octobre 2009

 

Pas de suspense cette fois.

 

Dès le deuxième jour, à la gare Ouest de Pékin, la tentative de gagner le Tibet sentait déjà le roussi.
Refus catégorique de la guichetière de délivrer le précieux sésame pour Lhassa sans une lettre de permission délivrée par une agence gouvernementale. Régine, ma compagne, entend comme moi, bouche bée, la réponse laconique et sans retour de la femme en tenue bleue :

 

-Non Non Non et Non ! Assène-t-elle d’un ton sentant l’irritation et la fermeté.

 

 

Après l’épisode de la gare, direction l’agence CITS où la longue litanie des interdictions commence.
Le cahier des charges est lourd pour ceux qui se soumettent aux restrictions pour le Tibet : programme incompressible, guide, chauffeur, tarif exorbitant, absence totale de liberté individuelle, permis de circuler obligatoire… La liste est longue. Bien trop longue pour mon désir de liberté. Les nouvelles lois récemment mises en place positionnent chaque touriste comme un espion en puissance qu’il faut surveiller et encadrer. Les rares étrangers présents au Tibet sont tout juste tolérés.

 

L’employé déroule son discours parfaitement rodé sans un accroc. Cela en devient exaspérant. Légèrement provoquant, je fais référence à mon voyage de 2005 réalisé sans permis en faisant mine de m’étonner devant l’amas des nouvelles restrictions d’accès sur le plus haut plateau du monde. L’homme décroche son téléphone. Je réalise qu’il tente de prévenir une autorité extérieure. Je quitte prestement les lieux en bafouillant un « Dzaï Tien ». Quant au projet de faire acheter ses billets par un pékinois, idée caressée par mon esprit rebelle, c’est peine perdue depuis le 1er Mai avec une nouvelle disposition et la délivrance de tickets nominatifs aux étrangers. Difficile de prendre les yeux bridés et de s’exprimer sans accent en chinois en 48 heures…

 

Derniers recours : retenter la route militaire du Xinjiang. Là aussi, l’espoir s’éteindra bien vite. Le jour de notre arrivée au Xinjiang, Urumqi se convulse et entraine avec elle une dure répression des autorités chinoises. 

 

Résumé des événements : 3 septembre. Urumqi. La ville est en ébullition. Une manifestation chinoise s’ébranle dans les rues de la ville en réclamant plus de sécurité de la part du gouvernement face aux agressions à la seringue perpétrées par des extrémistes suite aux violents affrontements interethniques de juillet qui ont fait un nombre de victimes dont personne ne connait le chiffre exact (entre 200 et 600 selon les sources officielles).

Station de bus d'Urumqi réquisitionnée par l'armée chinoise


Photo prise depuis la fenêtre d'un hôtel du quartier sud d'Urumqi.
Les troupes militaires s'apprêtent à investir la ville.


La ville se retrouve paralysée en quelques heures. Un impressionnant déploiement de forces militaires envahit la ville et bloque tous les carrefours. Des brigades anti-émeute s’alignent en s’abritant derrière des murs de boucliers transparents. Stupéfait devant l’ampleur des événements et animé du sentiment de vivre quelque chose de particulier, je photographie les événements, avant de me faire dénoncer par une personne présente à quelques mètres de moi alors que la population, me prenant pour un journaliste étranger, m’apostrophe et m’ensevelit de témoignages passionnels. La tension monte. Rapidement intercepté par une voiture de police, Régine et moi nous retrouvons sur la banquette arrière du véhicule. Bilan : 3 heures de détention au commissariat central d’Urumqi. Nous ne retrouverons la liberté qu’avec une carte mémoire vidée de l’intégralité de son contenu photographique et des « remerciements pour notre coopération ». L’étranger ne doit pas témoigner.


Vision du quartier Ouïghour en septembre 2009 que j'avais découvert si vivant en avril de la même année, à présent vidé de tous ses habitants.


Commerces Ouïghours cadenassés depuis les troubles interethniques


En avril 2009, se tenait à cette même place une longue enfilade de commerces Ouïghours.
Septembre 2009. Il ne reste rien.

Nouvelles constructions destinées au colons chinois.


Photo volée et sous haut risque de ma part. Elle démontre ici toute la tension présente dans la ville d'Urumqi.
Chaque carrefour était surveillé de la sorte par les brigades anti-émeutes déployées en grand nombre durant la semaine du 3 septembre 2009.

 


Tandis que les hélicoptères tournent au-dessus de la ville, nous quittons Urumqi entre deux haies de militaires armés jusqu’aux dents. La ville est devenue vert kaki.

 

Direction Kashgar où la situation est à peine plus enviable. Des convois de camions remplis de militaires circulent 24/24h à travers la ville. La tension est palpable. A différents endroits de la ville, des postes de contrôles permanents scrutent chaque passant : devant la statue de Mao, sur l’esplanade de la mosquée, aux carrefours commerçants… Je n’ose plus photographier de peur de nous retrouver une nouvelle fois au poste pour d’interminables heures d’attente. L’idée même d’aller pédaler à travers le Xinjiang, province en trouble, et le Tibet, province verrouillée, me semble désormais devenue extra-terrestre, illusoire. Irréelle.

 

Photo prise en cachette dans les rues de Kashgar où l'armée rôde en permanence.


Scène surréaliste prise depuis une fenêtre d'hôtel à Kashgar.


Préparation d'une colonne de camions qui s'apprête à sillonner la ville de Kashgar


Ronde militaire au centre de Kashgar. Au fond, la statue géante de Mao.


Spectacle quotidien et permanent à Kashgar.

J’écris ces lignes de France.
La province du Xinjiang est coupée de l’extérieur depuis août. Aucune connexion internet, aucune communication internationale n’est permise. Il y a des régiments partout, des policiers par centaines et des Volunteers Security portant un brassard rouge par dizaines de milliers. Ces volontaires sont chargés de dénoncer tout fait qui pourrait briser l’harmonie et la sécurité publique. Chacun d’entre eux est un policier en puissance. Une paire d’yeux qui observe et reporte chaque fait inhabituel. Le gouvernement entretient un climat de peur en isolant le Xinjiang de l’extérieur pour empêcher la séparatiste Ouïghour autoproclamée en exil aux Etats-Unis de manipuler son peuple.   

 

Je ne m’étendrai pas ici sur les détails politiques ni sur l’étrange vie que mènent les habitants sur place. D’autres journalistes le feront bien mieux que nous. Nous témoignons modestement de la sensation d’avoir vécu dans un pays en état de siège, au bord de l’implosion. Les quartiers Ouïghours rasés, les commerces cadenassés. Ceux-là même que j’avais connus pleins de vie en mars et avril de cette même année.

Où sont passés les gens ? Que sont-ils devenus ?

 

Régine rentre en France le 9 septembre, chargée d’une expérience forte. Je reste seul à Kashgar face à un projet rendu inatteignable par la toute nouvelle donne politique du pays.

 

Le 12 septembre, je tentai une vague incursion sur la route convoitée qui sera vite stoppée. Le cœur n’y était pas du tout. La population est à cran. Je ne comptais plus les accidents rencontrés sur le bitume, signe de l’extrême nervosité des gens, les contrôles d’identité incessants, les disputes qui éclataient autour de moi et se terminaient dans le sang.

 

J’en avais assez vu.

 

La province du Xinjiang est devenue une cocote minute sous pression prête à exploser. Je n’avais plus qu’une idée : vendre mon vélo à Kashgar à n’importe quel prix et rentrer en France.

Pékin s’apprête à fêter le 60ème anniversaire de la République Populaire de Chine. Cela devait être une fête colossale, sauf qu’ici les commémorations prennent des allures de guerre et de démonstrations de force. Les habitants sont invités à rester chez eux. Le moindre déplacement, même piéton, est sévèrement contrôlé. Impossible ne serait-ce que de marcher sur le mauvais bord du trottoir. Etrange sensation de voir les immenses avenues de Pékin vide de tout trafic, vide de vie.

 

La Chine est devenue la 3ème puissance mondiale et entend le faire savoir aux yeux du monde dans une gigantesque démonstration de force minutieusement orchestrée et filmée devant 30 000 spectateurs triés sur le volet.

 

Pour moi, il est temps de mettre entre parenthèse l’espoir de voir le Kailash.
Les 4 derniers voyages asiatiques réalisés en 1 an ont laminé le ressort de ma motivation.

J’ai parcouru près de 4 000 kilomètres à pied et à vélo en quête d’un objectif qui n’a pas été atteint. Deux ans de mon existence à ne penser qu’à ça. Cependant la route, les rencontres et les différentes épreuves furent comme autant d’enseignements qu’aucun livre ne m’aurait jamais révélé. J’ai dû apprendre à faire demi-tour, reconsidérer mes objectifs et finalement remettre à une date inconnue la réalisation de ce rêve fou.    

 

Il est temps pour moi de refermer provisoirement ce blog spécialement créé à l’intention de l’ambitieux projet qui était au départ celui de marcher sur les traces d’Heinrich Harrer, reconverti ensuite en une quête de l’inaccessible : la montagne sacrée et axe du monde, le Kailash.

 

Je remercie chaleureusement tous ceux qui ont soutenu et cru à cette aventure ainsi que tous ceux qui, patiemment, ont suivi les articles de ce blog.

Christophe Tattu 

 

  

Par Chris - Publié dans : Octobre 2009
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Lundi 24 août 2009

Sylavain Tesson, écrivain voyageur de grand talent, parle des "éternels retours des départs du voyageur".
Je ne vois pas de plus belle phrase pour illustrer le projet "Sur les Chemins de la Liberté" après lequel je m'attelle presque avec acharnement depuis bientôt 2 années. Je me surprends à ne pas céder au découragement, à accepter que le but à atteindre (le Mt Kailash) n'est pas un Graal inaccessible. D'où jaillit cette énergie d'où je puise suffisament de quoi repartir encore et encore pour fendre l'inconnu des hautes terres asiatiques, je n'en sais rien. Je sais juste que mon corps et mon esprit ne trouveront de repos qu'à l'instant précis où l'image de la montagne sacrée s'imprimera à jamais au fond de ma mémoire.

Dans un pays où souffle le vent impitoyable issu des hauteurs, je sais que la tâche sera rude. Quelque soit la voie choisie, depuis l'Inde, le nord-ouest népalais, le Xinjiang Ouïghour ou le N'Gari tibétain, fouler le pied du Kailash demande au voyageur un engagement total. 

" Voyageur qui vient de loin, pourquoi emprunter des chemins si pénibles ?" 

Besoin de reconnaissance ? Fuite vers l'avant ? Ou plus simplement le désir sincère et profond d'accomplir quelque chose et de m'éprouver au contact de la rudesse et de la beauté de ce monde.

Quelque soit l'issue, heureuse ou malheureuse, de ce projet d'aventure, je compte mettre tout en oeuvre pour réussir.

Finalement, n'est-ce pas le chemin et non le but qui est le plus important ?


  


    

Par Chris - Publié dans : Août 2009
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Mardi 11 août 2009
La journée du 4 avril sent la fin du voyage.
 
Kashgar est au bout de tout. Au bout de la route, au bout de la Chine. Au bord de l'Asie centrale, en équilibre entre deux mondes. Des visages de gavroches à casquette et des faces de dompteurs d'ours peuplent les bas-côtés de la route bordée de deux haies de feuillus bourgeonnants. Durant des heures, je vaque à mon unique occupation : avancer en pensant. Parfois aussi, je pense en avançant. Tout dépend. La nuance est de taille.
De sérieux coups de fatigue ponctuent ma progression sans que la route s'infléchisse. Curieux phénomène. Je vois ma vitesse diminuer de moitié subitement, sans raison.
Plus de jambe, plus d'énergie.

Plus rien.

Et puis, comme par magie, venus de partout et de nulle part, des Ouïghours apparaissent et m'encerclent. Ils tentent de démystifier le fonctionnement du compteur du vélo. De ces moments-là, je ne comprends rien d'autre. Pas une phrase, pas un mot. C'est frustrant pour tout le monde. Seule la route comprend mon language, parfois doux, parfois affreusement  amer quand le vent se fait mon ennemi ou quand après 10 heures d'effort, la ville étape n'apparaît toujours pas dans mon champ de vision et que des rêves de repos ne me quittent plus. 

J'ai tant appris en si peu de temps...

Pour qui arrive de l'est, Kasghar n'apparaît pas brutalement. D'abord, la banlieue étirée sur 4 ou 5 km, puis une vague zone habitée par de vagues bâtiments commerciaux. L'arrivée dans la ville n'est pas idyllique ; elle est un soulagement. Elle signifie que demain je ne pédalerai pas. Pas plus qu'après-demain.
 
Voilà 2700 km parcourus depuis Urumqi et l'expérience la plus troublante depuis bien longtemps me concernant. Voyager dans la vastitude et la solitude permet d'ouvrir son champ des possibles. Le monde est si grand ! Encore faut-il le parcourir pour admettre cette évidence. Le Xinjiang a soutiré toutes mes forces physiques tel un percepteur prélèvant le dernier tiers ; pourtant une énergie nouvelle est née en moi. Je viens de faire l'expérimentation de la pérégrination en solitaire et en sort radicalement différent. N'est-ce pas ceci que je suis venu chercher en chemin ? Une transformation du corps et des pensées par les expériences vécues ? 

Pour la troisième fois en moins d'un an, le rêve de voir la montagne sacrée s'est évanoui.
 
Le Mont Kailash, si cher à mes yeux, gardera encore son secret. Je me remémore à cet instant la phrase de Nabi le professeur de Toksum : 
" Dans la vie, il faut avoir un rêve. Peu importe si tu le réalises un jour ou non, mais ce rêve va te tenir éveillé toute ta vie." 

Apercevoir la montagne est devenu une raison de vivre. Aussi, je prends la décision sur le champ de prolonger la parenthèse que j'ai ouverte dans mon existence voilà déjà plus d'une année pour atteindre cet objectif. J'ai toutes les bonnes raisons de renoncer et de jeter l'éponge. Mais curieusement, le découragement ne m'atteint pas. Par trois fois, la route sacrée s'est refusée à moi. Il en reste une quatrième et dernière : la voie de Lhassa : la voie de l'est !
 
Je suis résolu à me jeter à nouveau sur les pistes tibétaines après un nouveau retour par la case départ. Faut-il être fou ou obstiné au plus haut point pour vouloir repartir de la sorte ? Est-ce que la dimension de ce rêve en vaut la chandelle ? Tous ces efforts ne sont-ils pas démesurés comparés à la vision furtive et unique d'une montagne si loin de tout et égarée au beau millieu d'un plateau stérile et inhospitalié ? Que vais-je chercher là bas finalement ?

A aucune de ces questions, je n'ai de réponse. C'est peut-être pour cela qu'il faut repartir.
Pour apprendre encore, éprouver le monde sous mes pas et sentir battre le coeur de l'humanité au fond de moi.     

   

Kashgar, jour de marché
  

   
Par Chris - Publié dans : Août 2009
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Samedi 8 août 2009
Sur des distances impressionnantes, deux haies de feuillus bordent la route qui file droite devant elle.
Rien ne l'arrête. Sur la langue de goudron qui s'étire à l'infini, vers Kasghar, des centaines de petites charettes tirées par des petits ânes noirs et gris convoient des cargaisons de bois ou de moutons vers leur dernière destination.

Souvent, des familles entières assises, imperturbables, sur le plateau en bois de la charette, se déplacent sur des distances considérables. De vieux barbus coiffés d'un chapeau haut de forme et vêtus d'une veste sombre, le visage creux, assènent des coups de baguette appuyés à la bête qui n'a d'autre choix que de presser le pas pour tenter de calmer l'impatience du conducteur dont les pieds se balancent en rythme au gré des secousses de la route.

Être âne au Xinjiang est un mauvais karma.

Appréhender l'existence à la vitesse d'un animal lui donne une autre perspective, de l'épaisseur, de la densité.
Ne posséder qu'une charette et un âne pour seul moyen de locomotion transforme la vie radicalement. Pas question de vitesse, de précipitation ou d'empressement. Ce serait en vain. On pourrait penser qu'une certaine frustration habite ceux qui possèdent peu.

Pourtant, lorsque je m'arrête demander la permission de photographier un attelage, l'objectif, c'est avec fierté que les Ouïghours le fixe. 

Famille Ouïghour sur la route de Kasghar
Par Chris - Publié dans : Août 2009
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